Réflexions.

Le non-agir s’accommode fort mal de l’entrepreneuriat. Et inversement, d’ailleurs.

En revanche, la pratique de la randonnée cyclo en côte ou sur terrain vallonné se cachant derrière des faux airs de plat apporte de fantastiques leçons en la matière : détailler son objectif global (monter la côte) ou son défi (ne PAS monter en danseuse) en portions d’objectif réalisées linéairement, rester concentré(e) sur son action de poussée et ses muscles moteurs, se permettre de relâcher à la fin de la montée, et bis repetita placent pour le cycle complet. Et éprouver un sentiment de plénitude et de bien-être une fois rentré(e), un Coca à la main.

 

En pleine lecture des pensées de Liu Ji, lettré chinois du XIVème siècle, je me demande si la sagesse classique chinoise parle au monde contemporain en raison de sa modernité ou à cause du peu d’évolution des comportements humains (notamment les plus vils) au fil du temps.

 

Episode #2. L’âcre baptême.

L’État français, dans ses efforts pour favoriser la création d’entreprise (un de ses dadas du moment), a mis en place différents dispositifs permettant aux heureux géniteurs d’accoucher dans de moindres douleurs de leur(s) création(s) par le paiement différé de certaines charges et cotisations. Quel beau cadeau.

Il est demandé aux futurs entrepreneurs de déposer une demande d’ACCRE (aide aux chômeurs créant ou reprenant une entreprise, mais d’autres populations peuvent aussi y prétendre) au moment des formalités de constitution ou dans les 45 jours suivant le dépôt du dossier d’immatriculation à la CCI / Chambre des Métiers compétente. Autant dire qu’il est préférable de déposer la demande d’ACCRE en même temps que le reste de ses papiers.

Et ensuite ? Ensuite, les autorités consulaires ayant charge de transmettre la demande d’ACCRE à l’URSSAF, il suffit aux non-élus d’attendre sagement la réception du courrier de refus de la demande pour être certains de ne pouvoir en bénéficier, et aux heureux élus d’attendre le lendemain du 30ème jour à compter de la date de dépôt sans notification d’avis défavorable pour se voir tacitement octroyer l’ACCRE.

C’est très beau, c’est très bien, mais c’est la version idyllique chantée en chœur par les sirènes de la création d’entreprise. Dans la réalité, il manque de l’huile dans les rouages.

La volonté éco-citoyenne de l’URSSAF d’économiser le papier (c’est la seule raison valable qui me vient à l’esprit) est mise à mal par les autres organes de ponctions sociales qui demandent une attestation papier de l’octroi de l’ACCRE pour pouvoir procéder au recalcul de leurs propres cotisations. C’est ballot quand même. Les néo-entrepreneurs doivent donc longuement consulter la Pythie l’URSSAF au coût modique de 0,118 € TTC/minute pour espérer se voir transmettre le laisser-passer.

Les documents ayant été déposés et transmis en temps et en heure, il suffit alors de retrouver le dossier, pourquoi tant d’acrimonie, s’interroge, outré, le lecteur ?

Parce que justement il suffit de retrouver le dossier. Et dans la besace de la Grande Ursse, c’est pire que dans une meule de foin.

J’ai eu l’extrême honneur de me voir ointe d’un nouveau prénom par les mains de l’URSSAF, et d’avoir de ce fait un dossier noyé à la naissance, pauvre fantôme hantant la mémoire des serveurs.

EPILOGUE de l’épisode : bon, comme il y a quand même des personnes compétentes dans ces services, mon dossier a été repêché au fond de la mer binaire.

Création d’entreprise : arnaques aux entrepreneurs, à qui profite l’erreur ?

Le processus de création d’entreprise, c’est un peu comme un jeu vidéo, il faut réussir un niveau pour passer au niveau suivant.

Lorsque l’on se constitue en personne morale, le premier niveau consiste à se faire connaître de l’administration fiscale par le dépôt de ses statuts. Au cours de ce niveau, le joueur débutant fait des découvertes qui lui serviront pour les niveaux suivants et apprend qu’il peut faire l’objet d’arnaques par des entités se faisant passer pour les agents officiels. Vigilance vigilance donc ! Le warning est libellé sur une affichette aux guichets des centres des impôts. Mais l’État est-il au courant ?

Et, effectivement, on est visé très vite, plus rapidement et avec moins d’erreurs que les organes copiés, par des injonctions de payer tribut.

Dans l'esprit Canada Dry.

Dans l’esprit Canada Dry.

Je n’en ai reçu jusqu’à présent que 3, qui totalisent, si réponse y était apportée, 645 points de vie. Additionnés aux massues socio-fiscales, ça peut faire mal. Mais j’ai peut-être été épargnée, et d’autres ayant choisi une autre forme juridique que la mienne sont peut-être davantage harcelés. Parce que l’on est bien dans le cadre d’un harcèlement de l’entrepreneur.

Ce qui est à noter ici, c’est la volonté manifeste des expéditeurs de se faire passer, ou à tout le moins d’être associés, dans la forme à des entités officielles publiques et à leurs émanations : registre du commerce, répertoire national des entreprises et de leurs établissements, SIRET, extrait Kbis, etc.

Ces sociétés sont en fait des services d’annuaires payants complètement facultatifs.

Si je parle de harcèlement, c’est parce que l’on sait que la création d’entreprise peut être un processus stressant, que les futurs entrepreneurs peuvent être pris de panique face aux demandes de paiement, que, dans la précipitation, ils ne vont pas forcément lire les petits caractères même s’ils le devraient, qu’ils sont souvent isolés et qu’ils peuvent être faciles à tondre, il faut dire les choses comme elles sont, surtout s’ils pensent que leurs interlocuteurs sont rattachés aux autorités.

Ce que je trouve particulièrement cynique, c’est que lesdites autorités jouent aux lollipop ladies en regardant de loin, et que d’autres entreprises commercialisent un pseudo-conseil aux néo-gamers pour les protéger de ces projectiles-là (pour grossir le trait : on vous facture ce que l’administration devrait vous dire gratuitement).

Ce que je trouve tout particulièrement cynique, c’est cette clause, reprise à l’identique dans les conditions générales des 3 « fournisseurs » qui m’ont envoyé leur bafouille :

Le Souscripteur confirme sans réserve savoir que cette offre n’est nullement obligatoire, qu’elle est destinée uniquement à un but publicitaire et atteste ne pas confondre le Prestataire avec le registre national du commerce et des sociétés, infogreffe, ou toute autre édition concurrente similaire privée ou publique.

Vu le libellé des courriers, l’intention de tromper sur la finalité réelle est manifeste. Alors, que fait la police ? Elle compte les points. L’État est gagnant dans la transaction. Ces sociétés ayant une existence juridique tout à fait légale, elles paient donc la dîme étatique, avec reversement de la TVA.

Alors, faciliter les formalités de création d’entreprise (parce que la création en elle-même ne sera jamais simple), lancer des écoles pour apprendre l’entrepreneuriat, c’est bien joli, mais peut-être faudrait-il aussi voir un peu plus loin que le premier niveau, c’est toujours le plus facile.

Episode #1. La faille temporelle.

Vous avez toujours pensé que le Tardis était la plus cool des machines à explorer le temps, l’espace, l’univers, et qu’il vous le fallait absolument ? Ou que maîtriser la Force était votre dogme ?

New Tardis

Mais si, au final, il existait un moyen beaucoup plus simple, et plus accessible, de réaliser ces ambitions (un tantinet irréelles, avouons-le) ? Et si, en quelques pas, vous parcouriez les événements à rebrousse-temps, et deveniez ce voyageur capable de manipuler le continuum spatio-temporel ?

Vous avez deviné ?…

OUI ! Il vous suffit d’accompagner la Grande Ursse dans son voyage !

2013 qui arrive après 2014, tout en étant scripturalement intégrée à sa successeur, un de ces hauts faits ordinaires de la Grande Ursse tellement… abasourdissants…

P.S. Puisque l’on parle de cabine téléphonique, une mise à jour sur le sort à venir de nos chers publiphones. Snif.

Lorem ipsum

Bonjour ! Et bienvenue à vous.

Prêts pour un voyage terrifiant au cœur des affres et des tourments de la création d’entreprise ? Brrrr !!! Ça fait froid dans le dos, n’est-ce pas ?  🙂

Mais tout d’abord, pourquoi ce blog ? Pourquoi ce titre ?

Un blog, pourquoi ?

Ma première expérience professionnelle – salariée – a été tamponnée d’un solde de tout compte en 2012 suite à la liquidation judiciaire en juillet de la même année de l’agence de traduction qui m’avait employée pendant 14 ans.

La palette d’options pour cette nouvelle partie de carrière et sur ce marché (la traduction) étant loin d’être infinie, je me suis engagée dans la voie qui correspondait le plus à mes aspirations et attentes, endossant les habits de la « porteuse de projet », comme le veut la terminologie actuelle, avec dans le viseur la création d’une entreprise à capital social. Ce qui ne va bien sûr pas sans tiraillements ni doutes. D’où votre présence sur ce blog 🙂

Lorem ipsum : kesako ?

Le lorem ipsum ne vous sera pas inconnu si vous avez déjà parcouru une maquette éditoriale. Si ce n’est pas le cas, il s’agit de textes de remplissage factices (même si des extraits du De Finibus Bonorum et Malorum de Cicéron reviennent la plupart du temps) permettant de positionner les différents blocs constituant le document afin d’en avoir un aperçu réel. On peut donc les considérer comme des marqueurs, des balises qui pavent le chemin à suivre.

Et c’est bien là le but de ce blog : non pas un bureau des pleurs (la profession de pleureuse n’en restant pas moins hautement honorable), mais une succession de balises afin de prendre le temps de la réflexion, et des jeux de mots douteux, une de mes grandes passions.

Il est tout à fait envisageable de ruminer les doutes et incertitudes qui assaillent tout créateur d’entreprise normalement constitué sans les extérioriser.

Néanmoins, dans ce cadre-là et dans d’autres, coucher ses pensées sur le papier est triplement bénéfique : cela permet de les discriminer, de prendre du champ, et surtout de définir – et, partant, d’énoncer – les problèmes sous-jacents qui ralentissent la prise de décision et/ou l’action. Autrement dit, de positionner et d’avoir une vue d’ensemble. Lorem ipsum. Ou CQFD. À votre convenance.